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Qu’est-ce qu’un préparationnaire ?

À la rentrée 2025, ils sont 87 100 à avoir franchi les portes d’un lycée : les préparationnaires. Ce mot désigne simplement l’étudiant inscrit en classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE).

Préparationnaire : définition précise

Un préparationnaire est un étudiant qui suit une classe préparatoire aux grandes écoles, généralement hébergée dans un lycée, en vue de préparer les concours d’entrée aux grandes écoles françaises. Il se distingue d’un étudiant à l’université par son statut administratif particulier : il est techniquement lycéen, rattaché à l’Éducation nationale, et non étudiant au sens de l’enseignement supérieur. Ce détail a de vraies conséquences, notamment sur la sécurité sociale étudiante et les droits d’inscription.

La durée standard d’une prépa est de deux ans, même si une partie des élèves choisit de faire une troisième année prépa, appelée carré ou cube selon le nombre de renouvellements.

L’objectif final est de se présenter aux concours des grandes écoles de commerce, d’ingénierie ou des écoles normales supérieures, selon la filière.

Les différentes filières : qui est préparationnaire de quoi ?

Le terme « préparationnaire » recouvre plusieurs profils distincts selon la filière choisie dès la terminale.

Filières scientifiques

Les préparationnaires scientifiques intègrent les classes MPSI, PCSI, PTSI ou BCPST en première année. Ils visent les concours des écoles d’ingénieurs (Polytechnique, Centrale, Mines, CentraleSupélec, INSA…) ou des ENS pour les filières biologie. Le programme est dense en mathématiques, physique, chimie et informatique.

C’est la filière la plus peuplée : elle représente environ 60 % des effectifs totaux de CPGE.

Filières économiques et commerciales

Les élèves issus de terminale scientifique ou générale peuvent intégrer une CPGE ECG (ancienne ECS ou ECE), qui prépare aux concours des grandes écoles de commerce du top 10 : HEC, ESSEC, ESCP… Le programme mêle mathématiques, histoire-géographie, langue et culture générale.

Filières littéraires

Les khâgneux (étudiants de CPGE littéraires, en khâgne ou hypokhâgne) préparent les concours des ENS, des IEP, de l’École des chartes ou des concours de l’enseignement. Ils constituent une catégorie souvent méconnue, pourtant représentant une part significative des préparationnaires.

La filière A/L (ou filière B/L, à dominante sciences sociales) forme des esprits capables d’embrasser philosophie, littérature, histoire et langues avec une exigence rare.

Le quotidien d’un préparationnaire

Comprendre ce qu’est un préparationnaire, c’est aussi comprendre son rythme de vie, radicalement différent de celui d’un lycéen de terminale ou d’un étudiant en licence.

Un emploi du temps chargé

La semaine type d’un préparationnaire tourne autour de 30 à 36 heures de cours hebdomadaires, auxquelles s’ajoutent les devoirs maison, les khôlles (interrogations orales hebdomadaires ou bimensuelles en petits groupes de 2 à 3 élèves) et les devoirs surveillés.

En prépa, le volume de travail personnel attendu est estimé entre 20 et 30 heures supplémentaires par semaine selon les filières et les périodes de l’année.

Les khôlles, pierre angulaire de la formation

Les khôlles (aussi écrites « colles ») sont l’un des marqueurs les plus forts de la vie de préparationnaire. Elles consistent en une interrogation orale d’environ 20 minutes face à un examinateur extérieur, sur un programme défini. Elles entraînent à la rigueur, à l’expression orale et à la gestion du stress, des compétences directement utiles aux concours. Un préparationnaire en première année peut en passer une à deux par semaine selon les matières.

Les devoirs surveillés et concours blancs

Plusieurs fois par trimestre, des devoirs surveillés reproduisent les conditions des concours : durée de 4 heures, sujet inédit, correction rigoureuse. Ces épreuves permettent d’obtenir un classement dans la classe, fondamental pour anticiper les résultats aux concours réels.

Ce qu’il faut pour devenir préparationnaire

Le dossier Parcoursup

L’accès à une CPGE passe exclusivement par la plateforme Parcoursup. Contrairement à ce que l’on croit parfois, il n’existe pas de concours d’entrée : c’est le dossier scolaire qui fait tout. Les bulletins de première et de terminale, le classement dans la classe et les appréciations des professeurs constituent les critères centraux d’évaluation.

Les prérequis varient selon la filière et le niveau de l’établissement visé. Un lycée public non sélectif acceptera des dossiers à partir de 13-14 de moyenne, là où les établissements les plus exigeants attendent des moyennes supérieures à 16 dans les matières fondamentales.

Le profil attendu

Au-delà des notes, les jurys cherchent des élèves capables de travailler dans la durée, d’absorber un volume de contenus important et de s’adapter à un rythme exigeant. La curiosité intellectuelle, la capacité à apprendre de ses erreurs et la régularité dans le travail comptent autant que le niveau brut.

Internat, logement, vie sociale : la réalité du terrain

Une partie des préparationnaires vit en internat au lycée, notamment dans les établissements les plus réputés qui proposent des places dédiées aux étudiants venant de province.

Les frais d’internat et de restauration varient selon les établissements et représentent souvent le poste de dépense le plus important après le logement pour ceux qui ne sont pas pensionnaires. Les établissements publics restent très accessibles financièrement comparés à l’offre privée.

La vie sociale en prépa est souvent présentée comme sacrifiée. Pourtant, les préparationnaires développent généralement des liens forts avec leurs camarades de classe, dans un contexte de pression partagée. Beaucoup de lycées organisent des activités associatives, sportives et culturelles que les élèves investissent, même dans un emploi du temps contraint.

Après la prépa, que deviennent les préparationnaires ?

L’objectif affiché de la prépa est d’intégrer une grande école par la voie des concours.

Une partie des préparationnaires intègre une grande école dès la fin de la deuxième année. Une autre choisit de repasser les concours en troisième année (carré) pour viser un meilleur résultat. D’autres encore choisissent une réorientation vers l’université, en bénéficiant des équivalences auxquelles donne droit une CPGE (équivalence à une licence L2 ou L3 selon les filières et les accords inter-établissements).

Il existe aussi des admissions sur titre vers des écoles de commerce ou d’ingénierie qui accueillent des préparationnaires en dehors des concours classiques, sur la base du dossier et d’entretiens.

Être préparationnaire vs étudiant en licence : les différences

Critère Préparationnaire (CPGE) Étudiant en licence
Statut administratif Lycéen (Éducation nationale) Étudiant (enseignement supérieur)
Volume horaire 30 à 36h de cours/semaine 20 à 25h en moyenne
Encadrement Très fort (professeurs connaissent chaque élève) Variable, souvent plus distant
Khôlles Oui, hebdomadaires Non
Frais d’inscription Très faibles (lycée public) 175 à 400 € selon l’université
Passerelles Équivalences L2/L3 en fin de cursus Réorientation vers master directement
Débouchés principaux Concours grandes écoles Poursuite en master ou insertion directe

Questions fréquentes sur le préparationnaire

Un préparationnaire est-il considéré comme un étudiant ?

Administrativement, non. Le préparationnaire relève de l’Éducation nationale et non de l’enseignement supérieur. Cela signifie notamment qu’il ne cotise pas à la CVEC (Contribution vie étudiante et de campus) et n’a pas accès aux mêmes aides que les étudiants universitaires, même si certains dispositifs de logement CROUS lui sont ouverts.

Peut-on être préparationnaire sans passer les concours ?

Oui. Certains élèves intègrent une CPGE pour la qualité de la formation, sans avoir l’intention d’aller jusqu’aux grands concours. Ils utilisent les deux ans comme socle de rigueur académique avant de rejoindre l’université ou une école en admissions parallèles.

Quelle est la part de femmes en prépa ?

À la rentrée 2025, les femmes représentent 40 % des effectifs totaux de CPGE. Cette proportion varie selon les filières : elles sont majoritaires en CPGE littéraires et minoritaires en filières scientifiques, particulièrement en MPSI et MP.

Un préparationnaire peut-il faire un petit boulot en parallèle de ses études ?

C’est déconseillé, particulièrement en première année où la charge de travail laisse peu de marge. Quelques heures de soutien scolaire par semaine restent faisables, mais un emploi régulier est incompatible avec les exigences horaires de la plupart des CPGE.